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L'Invasion, 1814, Édouard Detaille, Paris, Musée de l'Armée.

Variantes et anecdotes

Le 8 février, Marmont pousse des reconnaissances sur Baye et Montmirail, l’une de ses divisions occupe Chapton, Soisy-aux-Bois et Saint Prix. Fabvier, aide de camps de Marmont, mentionne: « Le 8, nous entrâmes à Sézanne en chassant quelques centaines de cosaques commandés par je ne sais quel Français, reste de 2000 chevaux qui avaient marché sur Montmirail. Nous allâmes coucher à Chapton: l’avant-garde alla jusqu’à Baye. Le chef d’escadron La Bourraye s’y logea avec 150 landiers, malgré 500 grenadiers russes qui se retirèrent. Les chemins étaient si mauvais, que 200 hommes y laissèrent leurs souliers, 1000 s’arrêtèrent où le dépit et la lassitude le leur conseillèrent » (Fabvier, p.30). Mais Weil mentionne que 300 hommes de Doumerc avec un soutien d’infanterie occupèrent le défilé de Saint Prix le 9 février. Apprenant que l’Empereur ne serait pas à Sézanne avant le soir, il retire ce détachement entre Chapton et Saint Prix (Weil II, p.172).

Napoléon ordonne au Major Sachon de prendre 100 dragons de la garde et d’aller cueillir des prisonniers. Ils prennent la direction de Bannay et surprennent 500 Russes et les forcent à se rendre. Ce fait d’armes remarquable est rapporté par Lachouque sans en indiquer la provenance. Il me paraît pour le moins douteux, car aucun autre auteur n’en fait mention.

Des éléments de cavalerie française repoussent les vedettes russes devant Champaubert. Mathieu rapporte qu’un parti de 30 cavaliers, sous le commandement du lieutenant Pantchoulitchew, appartenant aux hussards de la Garde russe était présent. Elle n’indique pas la source de cette information et je n’ai pas trouvé d’autre allusion à cet épisode. Il s’agit peut-être de l’escorte du général Olsufiev.


Le capitaine de Lauthonnye du 2e régiment d’Artillerie de Marine raconte : « La marine, à Champaubert, fit des prodiges de valeur ; je perdis 30 hommes qui me furent remplacés, le soir même, par des recrues prises dans d’autres régiments ; ils n’étaient seulement pas habillés en artilleurs. Ils avaient le courage de vieux soldats et puis pouvaient-ils lâcher pied avec leurs nouveaux camarades ? C’était impossible, ils auraient été fusillés par eux [1]».




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La colonne commémorative du combat de Champaubert, au croisement des routes de Sézanne à Épernay et de Châlons-en-Champagne à Montmirail. Les deux cartes postales datent du début du XXe siècle à l'époque où les routes étaient toujours bordées d'arbres.



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Notes

[1] De Lauthonnye, p. 117.

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