Introduction

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D’un point de vue strictement militaire, la campagne de 1814 est passionnante. Napoléon, avec des moyens réduits, fait des miracles. Certains auteurs la comparent à la première campagne d’Italie. Napoléon lui-même ne déclare-t-il pas « chausser les bottes de 1796 » ? La campagne est ponctuée de petits engagements – des combats – et quelques batailles dignes de ce nom. Contrairement aux batailles des années de gloire, les engagements précédant la première abdication demeurent mal documentés. Il existe une multitude d’ouvrages de bonne qualité sur Waterloo (victoire anglo-saxonne oblige) ou sur le « Soleil d’Austerlitz » (La Victoire exemplaire selon Frédéric Bey), mais trouver un livre traitant de Champaubert, Montmirail-Marchais et Vauchamps est beaucoup plus difficile. Et lorsque l’on en trouve un, il s’apparente souvent plus au roman qu’à l’histoire militaire. En 1914, cent ans après les évènements, le lieutenant-colonel Colin écrivait « il faut constater qu’on n’a pas encore publié une relation exacte de la bataille de Montmirail. Toutes celles qui existent sont entachées d’erreurs sur le nombre des troupes engagées, sur les localités, sur les opérations »[1].

De cette campagne du désespoir, la deuxième semaine de février demeure la plus héroïque. Napoléon remporte quatre batailles en six jours autour de Montmirail. « Nulle époque n'a présenté de si beaux exemples, d'aussi utiles leçons, un cours aussi complet d'art de la guerre que cette merveilleuse campagne de six jours dont chacun est marqué par un trait de génie, par des marches inouïes, par de brillantes dispositions, par une nouvelle victoire »[2]. C’est à ces événements que ce petit site est consacré.


Notes

[1] Colin, p.326. La critique de Housset, p.359, au sujet de la participation de la Garde d’honneur à cette campagne s’applique à l’ensemble des opérations de 1814 : « Ces inexactitudes, parfois grossières, sont souvent dues à des auteurs qui, cédant à la facilité, ont répété à l’envi les assertions de leurs prédécesseurs. »
[2] Weil, II, p.232.

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